EXCLUSIF ! Les médias ont choisi !

Politique-fiction.   

FH3 

Ce sera    :  F.R.A.N.Ç.O.I.S.  H.O.L.L.A.N.D.E

Une réunion du bureau politique du  S.M.R.F – Syndicat des Médias de la République Française (*) a eu lieu hier soir à l’hôtel SOFITEL de la place des Vosges à Paris. Cette réunion s’est tenue dans la plus grande discrétion. Mais des journalistes dissidents de - MEDIAPORT’entrebaillée - ont enregistré la conversation … clandestinement, cela va de soi. Nous en retranscrivons ici l’essentiel.

Etaient présents  autour de la table, Alain Duhamel, Yves Calvi, Christophe Barbier… et quelques autres grands noms du prêt à penser journalistique contemporain. Etait également présent Bernard Henri Levy : L’on ne sait à cette heure si BHL était là en qualité de représentant des actionnaires du journal « Le Monde » ou comme  envoyé spécial du peuple libyen en lutte. C’est vrai que cet homme  a beaucoup de casquettes… l’on peut s’y perdre ! Peut-être au fond, est-il tout simplement venu, parce qu’il est un grand professionnel du  F.O.P.B - le fameux Fournisseur Officiel de Pensée Binaire (** et ***). Cet organisme joue un rôle extrêmement important  aujourd’hui, et  BHL en est un des esprits les plus brillants. 

Au  cours de la réunion du  S.M.R.F une décision historique a été prise : François Hollande sera le candidat officiel du  P.C.M.G.D - Parti Clandestin des Médias de la Gauche de Droite, parti politique à vocation universelle dont les actionnaires principaux sont anonymes, cela va de soi. Certains noms de membres éminents circulent toutefois… Martin Bouygues, Vincent Bolloré, Bernard Tapie, Bernard Madoff, Eric Besson, Claude Allègre…

Le texte de la motion votée stipule : « François Hollande jouera très exactement le même rôle que joua son ex-compagne, Ségolène Royal, lors de l’élection précédente, celui de : Parfait-pigeon-que- l’on-sort-d’un-chapeau-haut-de- forme-un-beau-matin-pour-amuser-la-galerie-et-que-l’on-abattra-en-plein-vol-d’un-coup-d’un-seul-au-moment-opportun (brevet déposé à L’INPI par les journalistes du Nouvel observateur en 2007, le fameux « Et si c’était elle »). L’objectif final de toute cette mise en scène est bien évidemment la réélection de - N.S –  L’on ne sait pas vraiment qui se cache derrière ce nom de code  (note de l’auteur).

Après la lecture de la motion, un débat s’installe entre les participants.  C’est Yves Calvi  qui commence : « Bien vu ! L’effet de surprise, c’est le ressort essentiel de tout bon spectacle ».

« Ce sera facile à organiser, il n’y aura pas d’accident industriel, cette fois-ci » reprend Alain Duhamel. « Disons les choses comme elles sont. DSK était incontrôlable. Du haut de son FMI, Il aurait pu gagner les élections, le bougre ! Incroyable, non ? Un vrai scandale ! Môssieur FMI et sa porsche ! Pour qui se prenait-il celui-là ! Heureusement, il est tombé tout seul de son piédestal ! Y-a pas eu à le pousser. C’est bien fait pour lui, mais n’épiloguons pas, la vie continue ».

« Non, en effet, oublions-le », surenchérit Christophe Barbier. « François Hollande, ce sera plus simple. Il n’a que très peu de soutient au sein du PS. C’est un quasi  S.D.P.F - Sans Domicile Politique Fixe, un vrai  B.A.Y.R.O.U  en puissance - Bérézina Apocalypse… pas besoin d’aller plus loin dans le  décryptage de l’acronyme, tout le monde aura reconnu le triste roman noir de François Bayrou en 2007. Pour en revenir à François Hollande, il est vrai qu’il ne doit sa soudaine notoriété qu’au fait que n’étant plus rien au sein de sa famille politique depuis 2007, il est devenu petit à petit un bon client des médias, jouant  jour après jour les utilités… à droite, à gauche… de plus en plus à droite, d’ailleurs ! »

Yves Calvy s’enthousiasme : « Qu’à cela ne tienne, il a quand même un formidable atout. Il est corrézien et comme tout un chacun sait, la Corrèze, c’est essentiel pour la France. Formidable-homme-politique,-François-Hollande-a-su-comprendre-la-formidable-charge-émotionnelle-que-les français-ont-avec-ce-formidable-département,-avec-ce-département-et-avec-ses-habitantes-surtout,-nos-formidables-amies-les-vaches ! Un destin est en train de naître sous nos yeux. Vite, qu’éclosent milles sondages… »

« Mais non, même pas »  s’exclame Bernard Tapie ! « C’est plus la peine. Les français ne sont pas cons : ils ont tout compris. Il suffit d’un seul sondage. Un sondage est une arme d’une extraordinaire efficacité. On gagne à tous les coûts ! Ecoute bonhomme ! Nous vivons dans un monde de plus en plus individualisé, de plus en plus incontrôlable, de plus en plus ingouvernable. Les gens savent très bien que face à cette complexité la seule question qui vaille est : Qui a l’autorité nécessaire pour mettre un peu d’ordre dans cet immense bordel ! Il suffit donc de faire en sorte qu’un sondage fasse qu’en un instant une seule tête dépasse de la masse de ses congénères pour qu’immédiatement la ruche avide s’agglutine autour d’elle. Un seul sondage, vous dis-je, et la mayonnaise prendra ! « Vive le roi des cons », criait la foule ! »

BHL, ce grand penseur soucieux de l’essentiel, intervient alors : « Camarades, l’heure est grave. Un seul sondage, peut-être, mais encore faut-il que nous posions la bonne question !  N’oublions pas qui sont nos amis et qui sont nos ennemis. Ben Laden n’est plus de ce monde, certes, mais il reste Martine Aubry. Elle refuse de nous dire si elle sera candidate. Vous rendez-vous compte ! Qu’elle insolence ! Le Parti Socialiste est exsangue. Ce n’est plus qu’une citadelle assiégée (par nous). Le fruit est mûr. Un petit effort encore et demain nous serons les maîtres du monde. Demain, si nous réussissons, cela en sera fini de la séparation des pouvoirs. Nous serons à la fois la justice, le gouvernement, le peuple et la pensée du peuple.  Les élections cela coûte trop cher. Nous les abolirons. Des matchs de foot, voila la bonne recette, c’est ça la vraie émotion, la vraie participation ! Le monde idéal est à porté de main. »

 « T’en fait pas mon petit lou-lou.  Je vais t’arranger le coup,» répond Bernard Tapie-Madoff. « Suffit que dans ton sondage tu demandes aux français de droite, quel candidat de gauche, ils préfèrent et le tour est joué. Vas-y que je t’embrouille ! T’inquiète pas, je m’occupe de tout. C’est juste une affaire de pognon. En ces temps de subprimes et de stock-options, pour avoir raison, il suffit d’être riche. Les ânes-bêlants de la gauche caviar se sont époumonés pendant des décennies pour réclamer le droit d’expression : LES CONS !  Z’ont rien compris au film. Qu’ils continuent de s’époumoner tant qu’ils peuvent ! Personne ne les entendra. Le vrai sujet de la démocratie d’aujourd’hui,  ce n’est pas de savoir si la liberté de parole est bridée ou pas. Le vrai sujet, c’est de savoir qui a la capacité de se faire entendre et qui ne l’a pas : Dans cet immense brouhaha, seul le pognon peut faire la différence ! Le pognon, je te dis, il y a que ça de vrai ! Si t’as quelque chose à dire, offre-toi un institut de sondage, camarade ! Eh pis, c’est tout. »

« Et puis tu te rends compte : Si nous réussissons à éliminer Martine Aubry, on aura un duel Ségolène Royal contre François Hollande. Cela nous permettra de relancer VOICI, GALA… Ce n’est pas négligeable en ces temps de crise » ponctue Yves Calvi.

L’air bougon, BHL revient à la charge : « Il faut à tout prix empêcher la candidature de Martine Aubry. Je vous rappelle qu’elle a à sa disposition une armée de près de 150.000 militants ainsi que des milliers d’élus. C’est intolérable, il faut la désarmer. Il est vrai que cette armée ressemble à celle des rebelles libyens, un ramassis de… »

« Reste poli », l’interpelle sèchement Martin Bouygues. BHL se tait.

Bouygues, fait durer le silence. Il regarde fixement l’assistance. Ces interlocuteurs baissent un à un les yeux. Il est le patron.  Il juge utile de faire en sorte que tout un chacun se le rappelle. Puis il reprend calmement. « Sur le fond tu as raison Bernard. Il faut nous occuper concrètement du cas Aubry. Le risque de dérive collectiviste est trop sérieux. Il faut qu’on… bétonne ! Le temps des partis politiques dominants est terminé. Ils n’ont plus d’autre capacité que celle de s’entredéchirer. Désormais, c’est nous qui donnons le « la »

Bouygues continue : « Savez-vous qu’au pays des  M.E.C.H.A.N.T.S  (définition du Petit Larousse : M.E.C.H.A.N.T.S  =  IRAN  (****), en Iran donc,  il y a eu 14 débats pré-électoraux entre les différents protagonistes de l’élection présidentielle de 2009 (*****). Avec le résultat que l’on sait ! Ces gens là sont des sauvages ! En France il n’y a eu que 2 débats pour l’élection de 2007. Ils se sont passés dans le calme. Nous avons fait faire une enquête qui est resté confidentielle : 60% des téléspectateurs dormaient profondément au bout de 10mn de débat, 85% au bout de 20mn et 100% au bout d’une demi-heure (******).  C’est cela une démocratie apaisée. Si nous avons réussi ce tour de force, c’est parce que nous avions correctement préparé le terrain. D’abord, le résultat des élections était connu des mois à l’avance (des années à l’avance même, pour ce qui est de nous, mais… chut…).

Ensuite nos dizaines de milliers de journalistes qui quadrillent le pays pour mieux entourer de leur sollicitude nos concitoyens ont été attentifs à délivrer à tous et toujours, un seul et même message. Pour autant ce message n’est pas insipide. Grâce à nos F.O.P.B,  nos Fournisseur Officiel de Pensée Binaire, nous offrons à nos téléspectateurs  une pensée à la fois simple à consommer et vivante. C’est affaire de tempo. Le lundi tous nos journalistes se préoccupent du sort de DSK, le mardi  ils se préoccupent du sort de sa victime putative. Le mercredi on recommence à zéro.  Ainsi autour d’une seule information, nous pouvons animer un débat constant et vivant qui permet à chacun, quelque-soit son niveau culturel de participer à son rythme à la construction d’une pensée collective…  unique  (unique, dans le sens de : tout-le-monde-pense-la-même-chose-et-c’est-très bien-ainsi-parce-que-sinon-c’est-le-foutoir

Certes avec cette méthode, nous ne pouvons traiter tous les sujets à la fois,  mais au fond n’est-il pas plus sage de laisser à des professionnels le traitement de sujets qui en réalité ont peu d’incidence dans la vie quotidienne  des français, comme… euh… la paix dans le monde… le réchauffement de la planète… la crise économique planétaire. Non, les frasques de DSK ou celles de Laurent Blanc sont des sujets nettement plus adaptés à notre clientèle. Ils en redemandent même (*******)».

Martin Bouygues poursuit : « J’entends déjà à travers ces murs les cris d’orfraie des éternels adeptes du complot.  Je souhaiterais rassurer ces gens là… si tant est que cela soit possible ! Il n’y a nul complot. Il s’agit d’un simple souci d’efficacité. Une entreprise de presse est une entreprise comme les autres. Nous ne pouvons réinventer le fil à couper le beurre tous les matins. A quel prix seraient nos journaux si nous envoyions une équipe au Guatemala dès lors qu’il s’y passe le moindre mouvement de foule ? Nous avons le souci de l’argent de nos lecteurs, des plus modestes d’entre eux surtout.  Nous préférons prendre nos ordres directement à la sortie du conseil des ministres… euh, qu’est ce que je raconte moi ! Non, non,  nous recueillons directement nos informations à la sortie du conseil des ministres, euh… car c’est là que se construit la cohérence de la nation. Ah, voila, c’est ça !

Mais si pour une raison X ou Y nous décidons qu’il est important d’aller au Guatemala, par exemple si la première Dame de France s’y rend pour y inaugurer des chrysanthèmes, alors nous choisissons de suivre ce déplacement avec 4628 envoyés spéciaux, car nous estimons essentiel  qu’il y ait une émulation au sein de nos équipes. Une entreprise de presse est un organisme vivant. Il n’y règne nul monolithisme. L’on y rencontre des gens de gauche et des gens de droite. Les gens de droite occupent généralement les postes de responsabilité, les autres s’occupent de la rubrique des chiens écrasés. Comme partout. On ne peut pas pour autant nous accuser de faire preuve d’ostracisme. Simplement, les uns sont pragmatiques (à droite), les autres s’entêtent à vouloir changer le monde à leur image (à gauche)… Trouvez l’erreur ! Pas de monolithisme donc, mais une saine concurrence. Le plus âpre au gain gagne. Les autres se soumettent et recopient scrupuleusement l’article du plus fort. Avec quelques fautes d’orthographe ; c’est mieux. La hiérarchie est ainsi respectée. C’est comme cela que se fabrique une presse de qualité. »

Martin Bouygues conclut : « Il nous faut aller plus loin dans cette direction. Il faut rendre la vie politique plus attractive et socialement plus efficace. Il est essentiel que les français aient un point de vue commun sur TOUT. Notre entreprise y gagnera des points de croissance. La France y gagnera des points de croissance. Nous avons la chance d’avoir à la tête de l’Etat 2 animateurs FOPB particulièrement percutants.  Je veux parler de l’actuel Président de la République, Nicolas Sarkozy et de sa nouvelle attachée de communication, Marine Le Pen (********). Un couple d’enfer. Il faut absolument que ces gens là restent en place. Je le leur ai promis. Par ailleurs nous ferons en sorte, mon conseil d’administration est d’accord avec moi sur ce sujet, nous ferons donc en sorte qu’ils soient remerciés généreusement de leur collaboration. Discrètement bien sûr, car il reste encore de très nombreuses préventions ridicules au sujet de l’argent des riches en France. Cela passera. Ayez confiance, le temps où nous nommerons directement nous-mêmes les Présidents de la République n’est plus très éloigné. Nous progressons à pas de géants. (*********)»

« Je vous remercie. »

Transcription : KOUINO (**********)

Notes de l’auteur : 

* INFORMATION FANTAISISTE : Le Syndicat des Médias de la République Française n’existe pas. Ce n’est pas la seule information fantaisiste contenu dans cet article ! Il appartient au lecteur de faire le tri.

**  INFORMATION SCIENTIFIQUE : Ces F.O.P.B, sont les nouveaux chevaliers des temps modernes. Ils sont équipés, comme tout un chacun sait, de M.O.T.C.H.D – Machines à Occuper le Temps de Cerveau Humain Disponible, machines inventées par l’ex-PDG de TF1, Patrick Le Lay (N° de Brevet : 875.354-M-01-04-2004). Il est également utile de noter, que la commercialisation de ces machines est en forte croissance, surtout depuis qu’a été aboli le principe de séparation de  l’E.C et de l’Etat - E.C pour : Eglise Cathodique. Nous  faisons allusion ici, vous l’aurez compris, à la fameuse Fatwa qui permet dorénavant au président de la République de nommer lui-même les présentateurs de télévision – Fatwa n° 2009-257 parue au JO le 05 mars 2009 (***)

*** INFORMATION APPROXIMATIVE : Le Président de la République ne nomme pas les présentateurs de télévision (du moins pas officiellement). Par contre, il nomme le Président de FRANCE-TELEVISION. C’est Nicolas Sarkozy qui, à la surprise générale, a fait voter cette loi en mars 2009. Tous ces prédécesseurs, de Pompidou à Chirac, avaient fait exactement  l’inverse, c’est-à-dire  qu’ils avaient œuvrés à couper le cordon ombilical qui relie le pouvoir et l’information. Pourtant ce coup de force de Nicolas Sarkozy n’a fait quasiment aucune vague. On n’en parle déjà plus, pas plus chez les politiques, que chez les professionnels du secteur ; rien de réellement tangible, non plus, au sein de la société civile. C’est un signal inquiétant de l’état de délabrement de notre capacité à mener une délibération collective. Nous vivons un temps de régression politique. 

**** INFORMATION FAUSSE : M.E.C.H.A.N.T.S  =  IRAN, n’est pas dans le Petit Larousse. Par contre ceux qui dans la vraie vie, se permettent ce genre de raccourcis sont réellement bêtes et méchants. Malheureusement ils sont nombreux aujourd’hui à penser cela. Ils ne connaissent probablement pas l’Iran, mais ils ont finis par avoir une vision si négative de ce pays, qu’on peut les qualifier de raciste dans la mesure où ils ne sont plus capables de dissocier l’environnement de son contexte. Mais l’on ne peut blâmer les cons d’être cons. Il est plus utile de s’en prendre  à la machine à propagande qui les a conduits sur ce terrain glissant. C’est l’objet de cet article.

***** INFORMATION VRAIE : Il y a réellement eu 14 débats pré-électoraux entre les différents protagonistes de l’élection présidentielle iranienne de 2009, alors qu’il n’y en a eu que 2 en France en 2007. Il n’y a plus jamais dans notre pays de confrontation directe entre les différentes familles de pensée politique. Dans les talk Show, journalistes,  sondeurs et experts sont entre  eux et commentent à l’infini les présupposés qu’ils prêtent à des hommes et des femmes politiques qui ne sont pas en situation de répondre. Mais le plus parlant peut-être, se situe hors-champ, puisque l’on trouve de plus en plus souvent des émissions qui n’ont pas le moindre lien avec la vie publique (émissions de variété, ou même jeux…) dans lesquels les hommes et les femmes politiques viennent à titre individuel avec pour seul objectif de réussir à avoir enfin une… tribune ! Dit autrement, de vrais mendiants ! Cela donne une idée de la réalité du rapport de force existant entre politiques et gens de médias.

****** INFORMATION NON-CONFIRMEE : « 60% des téléspectateurs dormaient profondément au bout de 10mn de débat, 85% au bout de 20mn et 100% au bout d’une demi-heure ». C’est juste une extrapolation de mon cas personnel,  fort peu scientifique, je le reconnais. J’ai quand même pris la peine de téléphoner à Martin Bouygues pour savoir, si c’était vrai pour le reste de la population. M’a raccroché au nez ! Je le rappellerai !

******* INFORMATION PERSONNELLE : L’auteur lit avec la même délectation que les autres les informations croustillantes que lui délivrent quotidiennement les médias. Mais là n’est pas le sujet. Le principal problème que pose les médias à la scène démocratique contemporaine, n’est pas tant ce qu’ils disent, les lecteurs sont en effet capables de faire le tri, le principal problème c’est que les médias occupant la totalité de l’espace public, ils occultent aux yeux des citoyens l’essentiel des problématiques de la société réelle.

********  INFORMATION A INTERPRETATION VARIABLE : Marine le Pen est-elle la chargée de communication de Nicolas Sarkozy ? Certains disent oui, d’autres que c’est tout comme, d’autres que ça ne va pas tarder, d’autres que c’est inéluctable, d’autres que c’est programmé et d’autres enfin, que c’est souhaitable. Un faisceau d’indices, donc. Mais pas encore de preuve formelle !

*********  INFORMATION CENSUREE : Est-ce que les énormités proférées par BHL, Alain Duhamel, Yves Calvi… et par l’auteur tout au long de cet article sont vraies ?  La  réunion du S.M.R.F. a-t-elle vraiment eu lieue ? Vous ne le saurez jamais. Rien ne m’oblige à vous le dire. Les journalistes n’on pas à citer leurs sources. Personnellement je trouve ça anormal, malsain et dangereux. Certes, le secret des sources doit être protégé. Comment ? Il faut en débattre. Mais où a lieu ce débat ? Pas sur la place publique en tout cas. Les journalistes sont les nouveaux intouchables de la République. C’est un retour au temps des castes, outil très efficace pour cloisonner le pouvoir. Celui qui détient l’information détient le pouvoir.

**********  INFORMATION UTILE : L’auteur n’est, ni homme de média, ni homme politique (ni femme non plus, d’ailleurs). Il est un simple citoyen qui s’interroge sur le monde dans lequel il vit (***********).

***********  INFORMATION PUBLICITAIRE : Pour mener de manière plus sérieuse et approfondie la réflexion sur le thème de la place des médias dans la démocratie, rejoignez l’auteur sur : Sondages, non merci !  et lisez notamment l’article : Les Médias en question, article écrit par l’auteur au moment des élections de 2007 (************).

************  INFORMATION INDIGERABLE : 2007 / 2012 : Il y a quelques semaines encore, il était acquit  pour tout un chacun, qu’aucune des 3 têtes d’affiches de l’élection présidentielle de 2007 ne figurerait sur le podium de 2012. Il était même envisageable que l’actuel locataire de l’Elysée ne figure même pas au 2ème tour. Aujourd’hui, après « l’affaire » DSK, l’on ne sait plus rien. En tout cas, il y a au moins une certitude, le  casting était raté autant en 2007  qu’en 2012 ! On peut même dire un véritable gâchis. Quel prix allons-nous collectivement payer pour ces erreurs successives ?  Et pourtant « ils »  pérorent encore… tous les soirs sur nos écrans… les intouchables de la République, disais-je… … Et si !!! … Accusés Duhamel, Calvi, Barbier …  : Levez-vous !  



Sondages, non merci !

APPEL A LA RESISTANCE ! Les sondages, lorsque leur matraquage devient par trop intensif, n’éclairent plus rien, ils manipulent. Boycottons les sondages politiques et faisons le savoir très fort.

Les sondages occupent une place de plus en plus centrale dans notre vie politique. A l’heure de l’économie globalisée, de la communication planétaire et de la transparence, les pouvoirs sont de plus en plus anonymes et inatteignables et les citoyens sont de plus en plus isolés et invisibles. Nous vivons à l’ère de la communication : si l’on répète à l’infini que Mr. X est un homme respectable, alors Mr. X … est… devient, respectable. C’est la méthode couée. Mais cette interprétation simpliste des réalités finit par avoir de graves conséquences, surtout lorsque cela s’applique à la vie politique. Une campagne électorale n’est pas une campagne publicitaire.

La campagne électorale en cours, se caractérise par une très grande volatilité de  » l’opinion « . On peut interpréter ce phénomène de deux manières. Le débat est intense (version angélique que tentent de nous vendre médias et politiques), les français ne savent plus où ils en sont de la société politique dans laquelle ils vivent (version plus réaliste). Il y a un sérieux problème avec les règles du jeu. La vie politique en général, les élections en particulier, s’articulent autour de deux pôles opposés qui sont tous les deux nécessaires à la vie démocratique : le débat, d’une part, le combat camp contre camp, d’autre part. La finalité d’une élection n’est pas de mettre tout le monde d’accord, elle est de rendre la société gouvernable. Jusqu’à présent les idées, le débat, c’était le premier tour, l’efficacité, le combat, le vote utile, c’était le deuxième. Mais nous vivons depuis quatre ans un premier tour sauvage orchestré par les médias et les organismes de sondages. Cette scénarisation des élections est uniquement focalisée sur le choix des acteurs, et cela aura, au final, vidé le débat politique de toute forme de contenu. Ne reste que les enjeux brut, en un mot, le vote utile. Les médias ont tué le premier tour. A quelques semaines de ce scrutin, plus d’un électeur sur deux déclare pouvoir encore changer la nature de son vote. En bref, c’est le hasard ou les petits calculs, heureux ou malheureux, qui décideront, de qui, au moment de passer devant le poteau final, sera encore en situation de ramasser la mise. C’est inadmissible.

La démocratie c’est lorsqu’une majorité de 50.01% impose ses choix aux 49.99% autres. Cela ne doit pas pour autant enlever le pouvoir de dire et de penser à ces autres, ou alors, on est en dictature. La… médiacratie, c’est une société dans laquelle, lorsqu’un sondage dit que 50.01% des sondés pensent à un instant donné que Mr. X a raison, les détenteurs du pouvoir de dire, disent et redisent jusqu’à la nausée que Mr. X a raison et interdisent dès lors à toute autre forme de pensée d’exister et de s’exprimer. C’est une autre forme de dictature.

Un sondage a pour vocation théorique de classifier des opinions. A priori, rien d’extraordinaire à cela. Le problème est que lorsqu’on vous demande pour la 54.000ème fois, qui, de Monsieur X ou de Madame Y, a le plus l’étoffe d’être un bon président de la République, on vous suggère l’idée que, l’un… l’a (l’étoffe), et que l’autre… ne l’a pas. Cela s’appelle influencer l’opinion. Conclusion, aux temps modernes, pour avoir raison, il suffit d’être riche et de s’offrir beaucoup de petits sondages. C’est un dévoiement de l’espace public.

Les sondages ne peuvent pas et ne doivent pas être les outils de régulation de la vie démocratique.

KOUINO

P.S : Les politiques sont totalement absent de ce débat là. Ils sont, bien évidemment, par trop impliqués. C’est aux citoyens de s’emparer de ce sujet, et de le faire, en terme politique. Faisons-le ensemble. Mettons sur pied une E-pétition. Certes, le droit français n’accorde aucune valeur légale spécifique aux pétitions, mais le droit européen, par contre, fait obligation à la commission de se saisir d’un sujet lorsque un million de citoyens le demandent. Soyons donc un million et exigeons des politiques qu’il prennent leur responsabilité.

Ce texte n’a pas de prétention particulière. Mais il pourrait être l’ébauche de cette pétition. Commentez-le, complétez-le, critiquez-le, faites-vous connaître, faites-le connaître. Sur la base de ces échanges, nous pourrions formaliser ensuite un texte final. Je suis à votre écoute. 



La pression médiatique… illustrée !

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Les médias en question

La «  Médiacratie  » 

C’est sûr,  » nos  » médias maîtrisent le tempo ! D’habitude, en janvier, la France parle chiffon. Normal, c’est le mois des soldes. Cette année, cela n’a pas été possible, élections obligent. De manière fort étonnante, malgré ces échéances passionnantes et essentielles, un autre sujet aura dominé l’actualité pendant près de deux mois : celui des conditions de vie des sans-abri. C’est un record absolu de longévité pour un tel thème ! La raison ? Selon nos nouveaux maîtres à penser, les instituts de sondage, la pauvreté est un sujet qui fait consensus, elle est un point de rencontre entre la gauche et la droite. Et comme chacun sait, le rôle d’une élection dans une société démocratique, c’est de créer des consensus. Homme de gauche, je ne m’étais pas rendu compte de tout cela, je l’avoue. Pour tout dire, je pensais même… le contraire. Etais-je bête ! Quoi qu’il en soit, je suis dorénavant informé, la messe est dite et le sujet est clos. Il n’y aura désormais plus de pauvres en France… jusqu’en décembre prochain. Rendons grâce à la nouvelle église des temps modernes,  » l’église cathodique « , de nous aider à si bien comprendre et embrasser le monde. Aimons-nous les uns les autres… et vive les pauvres, donc ! Quant à la crise nucléaire iranienne ou au réchauffement de la planète, les sondages sont formels sur le sujet, les Français ne s’y intéressent pas. Il est donc totalement inutile d’en parler, ce sont des sujets anecdotiques. Churchill disait en son temps, que la démocratie était le pire des systèmes… après tous les autres. Il ne connaissait pas l’ère de la communication de masse. S’il avait su, il se serait sans doute exprimé plus prudemment sur le sujet !

Combien de Français savent qu’entre 1990 et 2000, après la première guerre d’Irak, et avant la deuxième, l’embargo décrété en leur nom par leur représentants élus, aura fait près de un million de morts en raison de la dégradation des conditions sanitaires en Irak (chiffre de l’OMS) ? Très peu, sans doute. Un an plus tard, avaient lieu les attentats du 11 Septembre. Je ne cherche pas, à travers cet exemple, à discuter de la légitimité ou de la non-légitimité de cet embargo, je ne cherche pas, non plus, à vouloir tisser à tout pris un lien artificiel entre terrorisme et embargo, je souhaite simplement dire que le bulletin de vote que nous mettons dans les urnes nous rend responsable du devenir du monde. Enfonçons un peu plus le clou. A partir de 1996, il était devenu évident que cet embargo posait un grave problème éthique et sanitaire. Pourtant pendant cette période, c’est l’affaire Monica Levinski qui faisait les « une » de la rubrique… politique étrangère de nos journeaux !

La «  World Company Médias § Co « 

L’hyper… puissance des médias pose un problème à la démocratie. Le discours convenu sur l’indépendance des entreprises de communication ne peut plus tromper personne. Ce qui les caractérise est, au contraire, leur interdépendance. Les maîtres mots de leur réalité politique et économique sont : concurrence et concentration. L’objectif de ces entreprises est certes de produire de l’information, mais cette information n’a de sens que si elle s’adresse au plus grand nombre, que si cela est fait à travers un langage commun à tous et que si le média qui la véhicule est positionné, du plus possible, au plus près du pouvoir. La «  pensée unique  », c’est  » eux « . Un peu plus chaque jour, de TF1 à M6, de Moscou à New-York et même jusqu’à Kinshasa, les informations distillées aux téléspectateurs, répondent au même cahier des charges, à la même idéologie, et presque jusqu’aux mêmes contenus. La «  World Company Médias § Co  » étend son emprise.  » Big Brother « , le vrai, c’est  » elle « .

Nos organisations politiques s’inscrivent dans des territoires. La «  World Company Médias § Co « , elle, n’a pas de frontières et c’est ce qui fait sa force. En ces temps de mondialisation économique, se sont produit deux phénomènes antagonistes absolument essentiels qui disent ce que sont les vrais enjeux du monde contemporain : le repli sur soi identitaire des peuples et des structures politiques, d’une part, et l’explosion planétaire des outils de communication, d’autre part. Les uns expriment les rigidités du monde et la difficile adaptation aux évolutions, les autres, la fluidité du monde de demain. Les médias sont effectivement des acteurs majeurs du monde en gestation et c’est un bien. Pour autant ils ne sont qu’un outil et c’est à nous de les faire à notre main et non l’inverse.

Abus de pouvoir !

De quand date le dernier débat télévisé où deux hommes politiques se sont trouvés face à face pour confronter directement leurs idées ? Autant qu’il m’en souvienne, hormis les débats organisés dernièrement par le PS pour leur primaire, il n’y en a pas eu depuis la campagne pour la présidentielle de 1995. Ce sont aujourd’hui les grands médias qui maîtrisent l’essentiel du processus de la communication politique. Cela n’est bien évidemment pas neutre. Entre la forme (la communication), et le fond (l’idéologie), qui peut dire où se situent les frontières ? Qui est l’arbitre du débat ?

Lors du référendum sur la constitution européenne, les tenants du  » Non « , malgré qu’ils aient atteint leur but, ont considéré qu’on ne leur avait pas assez donné la parole. Les partisans du  » Oui  » ont pensé l’inverse. Quant aux médias ils ont interprété ce sentiment de frustration des deux camps comme un… satisfecit ! Cela signifiait qu’ils avaient été objectifs. La réalité est ailleurs. Ce référendum portait sur un sujet qui, il est vrai, transcendait les clivages politiques traditionnels. Du point de vue de nos spécialistes de la communication, il fallait donc, plus encore que d’habitude, faire œuvre de pédagogie. Pour ce faire, ils ont été successivement des partisans agressifs du  » Non « , puis des donneurs de leçons sentencieux pour mettre en valeur les thèses des  » oui-istes « . Il y avait une raison à cela. Un bon spectacle est un spectacle où il y a du suspens. La première des tâches était donc de rétablir l’équilibre entre le «  Oui  » et le «  Non  », car les grands Partis étaient favorable au «  Oui  »… tout en étant traversé par des schismes… Les médias ont simplifiés les choses ! Ils ont, pendant près de trois mois, associé systématiquement l’adjectif qualificatif de négation  » turc  » au mot  » Constitution  » (honte à eux). Ce n’était bien évidemment pas le sujet, mais c’était une manière… détournée, de dire aux Français qu’ils avaient le droit d’être politiquement incorrect et de dire merde à «  l’Establishment  » politique. Puis au cours des trois mois suivants, face à la montée en puissance du  » Non « , nos stratèges ont tenté d’inverser la tendance en expliquant aux Français qu’il n’y avait qu’une seule manière de penser sainement l’avenir de l’Europe : lire et apprendre par cœur la globalité du texte de la Constitution européenne (une façon de culpabiliser les nonistes). Certes le ridicule ne tue pas, mais il fait beaucoup de dégâts… je dirais même… beaucoup, beaucoup, beaucoup de dégâts. Ce que je souhaite dire, à travers cette mise en perspective… à peine caricaturale, c’est que les médias n’ont pas de légitimité particulière qui puisse leurs permettre de parler aux nom des citoyens.

Le pouvoir de corrompre 

La plupart des sondages n’ont pas d’autre objet que de donner à voir (et par la même, renforcer), la visibilité des personnalités… déjà en vue. L’on n’élit plus, que ce qui brille. Par voie de conséquence, tout ce qui ne brille pas, devient de plus en plus invisible. «  Tout va très bien Madame la Marquise  », est le message que les mass média contemporains sont chargés de délivrer à une société qui ne veut rien savoir du monde qu’elle engendre. Mais il arrive toujours un jour, où il faut régler l’addition. Durant les dix dernières années, les problèmes écologiques sont devenus des problèmes urgentissimes et fondamentaux. Pourtant, on n’a quasiment pas parlé d’écologie pendant toute de cette période : silence-radio. Pour ne parler que de la France, les Verts, qui représentaient une force politique importante, il y a dix ans encore, n’existent presque plus aujourd’hui. Il se trouvera sûrement de nombreux opposants aux Verts pour pointer un droit accusateur sur ces derniers et dire qu’ils sont responsables de ce qui leur arrive. Quelles que soient les fautes supposées, si tant est qu’il y en ait, là n’est pas l’essentiel. Ce qu’il est utile de souligner, par contre, c’est que le Parti des Verts est devenu totalement invisible aux yeux des porteurs de micros, et par voix de conséquence, aux yeux des Français. L’irruption soudaine de l’étoile filante, Nicolas Hulot, au moment des élections ne change rien à l’affaire. Il est même, la preuve par l’absurde de la légèreté médiatique sur le sujet. Il est d’ailleurs, déjà rentré dans sa boite à diablotin. Pourquoi un tel ostracisme sur ce sujet ? Parce que, selon les observateurs politiques avisés que sont les journalistes, il y avait, tout au long de ces années, une autre étoile, bien plus brillante, au firmament du top 50 des hommes de pouvoir. Cette étoile, c’était l’homme le plus puissant du monde, le Président des Etats-Unis, Georges Bush. «  Georges Bush ?  Georges Bush, le méchant, le politiquement incorrect ?  ». Mais non, mais non, il existait avant l’Irak, un Georges Bush très, très gentil, qui ne prenait que de sages décisions. La preuve ? Rappelons-nous : le Président des Etats-Unis s’était opposé, dès son arrivée au pouvoir en 2000, à ce que l’enjeu écologique soit au centre des relations internationales en disant un «  Non  » tonitruant, au protocole de Kyoto. Il n’avait pas rencontré, sur ce sujet, d’opposition frontale, contrairement à ce qui c’est passé, par la suite pour l’Irak. Par voie de conséquence, pour nos limiers de l’information… objective, cela avait une seule signification : cet homme avait forcément raison, puisqu’il était… le plus fort. Donc, exit l’écologie et les écologistes. On peut en tirer un théorème : les médias sont toujours du coté des puissants et… corollaire…  » ils  » méprisent les faibles. Cela permet d’expliquer pourquoi, le Parti des cyniques… et des idiots (cela va toujours de pair), est de plus en plus souvent, le Parti dominant dans les grandes démocraties du monde. A chacun de dresser sa liste ! La mienne est longue.

Un espace politique dévoyé

Puisque de puissants il est question… Voilà près de cinq ans que Nicolas Sarkozy fait dans la plus parfaite impunité sa campagne électorale par médias interposés. Nous vivons un temps de retour au culte de la personnalité, comme outil de conquête politique.  » Ils  » ânonnent son nom,  » Sarkozy… Sarkozy… des milliards et des milliards de fois … Sarkozy… Sarkozy… Sarkozy… Sarkozy… « , manière d’occuper le plus souvent possible  » le temps de cerveau disponible des électeurs-spectateurs  » selon la formule si bien choisie par Monsieur Patrick Le Lay. Vaste programme ! Trois ans plus tard, trois ans après l’avènement du tsar Nicolas, dans un souci de stricte égalité, les organismes de sondages découvrent un beau matin qu’il y a une opposition en France (le raz de marée à gauche aux élections régionales de 2004 est pour quelque chose dans cette soudaine prise de conscience) et décident d’adouber officiellement un opposant à la hauteur de l’enjeu face au candidat médiatique… unique.  » Vous voulez un opposant ? D’accord, Nicolas est un homme, Ségolène sera femme. On sait tout de lui et de sa puissance de feu, on ne sait strictement rien d’elle, si ce n’est qu’elle ne pèse que de peu de poids au sein de sa famille politique. Il s’agit bien là d’une vraie opposition frontale, non ? Vous devriez être content « . Bref, Ségolène Royal est parfaite… pour donner la réplique. Le produit est lancé.  » Et si c’était elle ? « , demande un bon matin le  » Nouvel Observateur « .  » C’est elle ! « ,  » c’est elle !  » répliquent en écho depuis lors à longueur de journée Monsieur Ipsos et Madame Sofrès sur Radio-Trottoir. Homme de gauche, je suis pour ma part inquiet. Le jour où  » ils  » (les sondeurs) décideront que ce n’est plus  » elle « , cela fera beaucoup de cocus. Je crains de faire partie du lot. Mais ne perdons pas espoir : démocratie participative contre culte de la personnalité, il n’est pas dit qu’à travers ces élections, ne se jouent que des faux-semblants. Quoi qu’il en soit, en participant de manière aussi évidente à la course à l’échalote, les médias sont en train de se brûler les ailes. Que la gauche ou la droite l’emporte, il est au moins une certitude. Le regard politique sur le 4ème pouvoir est en train de changer.

Le quatrième pouvoir et la démocratie

S’interroger sur la place de la communication au sein de la société politique ne se limite pas à poser la problématique de l’égalité de chacun face à la parole publique. Le mot «  responsabilité  » y est tout aussi essentiel. L’affaire d’Outreau en est l’illustration parfaite. La frénésie médiatique a jouée un grand rôle dans cette affaire. Les médias sont dorénavant au centre de la vie de la cité et leurs actes pèsent sur tous les aspects de notre vie commune. Il nous faut en tenir compte. Non, les entreprises de communication ne sont pas des entreprises comme les autres et la liberté ou la transparence ne sont pas les seules vertus cardinales qui permettent à des sociétés de fonctionner. La finalité de l’ordre social et politique dans lequel nous vivons est de réussir à faire cohabiter les trois volets de la devise qui orne le fronton de nos mairies «  Liberté, égalité, Fraternité  ». Cela n’a rien d’anodin. La principale caractéristique de l’ordre mis en place au sortir de la deuxième guerre mondiale résidait dans une séparation efficace des pouvoirs politiques, économiques et judiciaires. Les institutions politiques ne naissent pas de la cuisse de Jupiter. Elles sont un héritage, un très très lourd héritage, fruit de l’histoire des hommes, de leurs rêves, de leurs guerres, et de leurs compromis. Force est de constater que nous sommes en train de détruire cet héritage parce que nous laissons la logique marchande submerger l’ensemble de l’espace public. Il est temps de chasser les marchands du temple et de fixer des limites au quatrème pouvoir.

Le cinquième pouvoir, le pouvoir de la communication directe entre les individus via internet, peut-il être un contre-pouvoir efficace face au quatrième pouvoir. Il est sans conteste un formidable outil. Mais il n’est qu’un outil, il n’est pas, en soit, une solution. La problèmatique de la société contemporaine ne vient pas de l’absence de liberté de parole, elle vient plutôt de l’incapacité à se faire entendre. Se faire entendre d’une société vouée à l’individualisme, se faire entendre face à ceux dont le métier est de faire le plus de bruit possible pour mieux occuper… l’espace sonore à leur seul profit. Le sujet n’est pas de savoir comment l’on se bat, le sujet est d’avoir la volonté de le faire. C’est affaire de morale, d’idéologie, de volonté, de mobilisation. Bref c’est un combat politique… au sens noble du terme.

KOUINO

PS : «   Pardon, veuillez m’excuser… c’est très important… on m’informe en direct… une nouvelle étoile filante vient de naître au firmament médiatique… c’est l’homme de l’extrême centre… François Bayrou… il va vite, très vite… il balaie soudain d’un revers de main altier, les trente ans durant lesquels il a été l’un des plus zélés partisans du clivage droite-gauche… bigre… on ne peut que le croire… nous allons tous le croire… vite… que naissent dix mille sondages… mille fois par jour… répondez à la question : Aimez-vous Monsieur Bayrou ? … que pensez-vous de sa cravate ? … attention, il vire en tête… attention, il met une casquette rouge sur la tête… au dernier poteau… le match est haletant… il progresse… il progresse… il a gagné, semble-t-il… Ah ! il enlève sa casquette rouge… tiens donc, déjà ? … Oh ! il la remet… Oh ! il la retire à nouveau… mais, mais… zut, zut… que se passe-t-il ? … c’est l’accident… un nouveau 21 Avril, me dit-on ! … quoi ? … les Français auraient choisi leur «  lider maximo  » et tout ne serait pas déjà harmonieux ? Oh ! … l’homme providentiel ne servirait à rien… oh ! … les élections présidentielles n’auraient été qu’un leurre… oh ! … «  ils  » seraient tous cocus… oh ! … mais enfin… qu’est-ce que ça veut dire ? … les vraies élections, se seraient celles du troisième tour, vous dis-je… comment ça ? … Ah oui, d’accord… c’est vrai… pour gouverner il faut un concensus… un vrai consensus… c’est à dire des partenaires… une majorité ? … Ah… remarquez… à la réflexion… une fois la gauche au tapis… les trois familles de la droite… enfin réunies… elles pourraient… former une majorité… non ? … ça serait logique ? … euh ! … quoi ? … vous avez-dit ? … les trois… de la droite… désormais presque à égalité… les trois… à égalité… hein ! … c’est pas vrai… il est là ? … et oui ! … il est là ! … Jean-Marie le Pen entrant en grande pompe à l’assemblée… mais… pourtant… mis à la porte en 2002… «  ils  »… lui ont ouvert la fenêtre… un ange passe… si l’on résume… nos … euh ! … nos apprentis-sorciers… sont en train de nous inventer sur le pouce une nouvelle forme de cohabitation à trois… à quatre, peut-être… qui sait… nul ne le sait… ou c’est selon… ou l’on verra bien… ou tout le monde s’en fout … ou avec un fouet peut-être ? … ou pire encore ? … voyons voir… Sarkozy-Bayrou-Le Pen … Sarkozy-Le Pen-Bayrou… arrêtez… arrêtez… j’ai le tournis ! … troisième tour… 21 avril… cohabitation… bon arrêtons ! … parlons d’autre chose… en tout cas… bravo pour le spectacle… c’était très réussi… quoique…  remarquez… on me signale à nouveau dans l’oreillette.. quoi encore ? … pour ce qui est du spectacle… oui, je vous écoute… le  » Show  » risque de  » Go on  » tout seul… qu’est ce que çà veut dire ? … oui… après le match électoral… comment ça ? … bin disons… sans demander la permission à personne… banlieues… Jean-Marie le Pen éructant à l’assemblée… voitures brûlées… émeutes… ouh la la… ouh la la… c’est vrai… on avait complètement oublié… «  ils  » avaient tout fait pour qu’on oublie ! … oh ! … les sal… ! «  Ils  » nous ont bien eu ! »



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